Pris entre deux feux

Projet électro pop torontois transplanté en Angleterre, Dragonette conquert le Commonwealth.

« Londres est très orienté vers le côté “business” de la chose. C’est un véritable cirque et je ne dis pas ça comme si c’était nécessairement positif! » clame la chanteuse Martina Sorbara lorsqu’appelée à comparer les différents phares culturels séparés par l’Atlantique. « Il faut en faire beaucoup pour subsister ici. Tout coûte tellement cher! Alors qu’à Toronto ou Montréal, c’est plus “cool”, mais aussi plus étriquée côté scènes musicales. » Désireux de se démarquer d’un paysage sonore dominé par le rock convenu à la Nickelback, Dragonette s’envolait en 2005 vers une Terre plus clémente à ses mélodies saccharinées… juste avant que les médias qualifient Montréal de nouvelle Mecque musicale. «Lorsque nous sommes revenus jouer quelques concerts, on a constaté que la contre-culture s’étendait maintenant aussi à la “musique pop”. » se rappelle la charimatique interprète. « Ce qui n’est toujours pas le cas en Angleterre qui est toujours très orientée vers “l’indie rock”. Malgré tout ce qu’on peut entendre à notre sujet, on est encore très “underground” ici! Mais ce qui est dommage, c’est que malgré tout le succès que des groupes comme The Dears, The Unicorns ou Arcade Fire peuvent avoir chez vous ou ailleurs, vos radios préfèrent toujours jouer les mêmes rengaines d’Aerosmith! Mais bon, si c’était à refaire, sûrement que Montréal aurait aussi été un bon tremplin pour nous. »

Bien avant de fréquenter le gratin électro à la New Order et Duran Duran (pour lesquels son quatuor s’est déjà offert en première partie), Martina s’attirait les fleurs de l’élite canadienne — notamment de son père et ministre libéral des Finances Greg Sorbara — en tant qu’auteure-compositrice interprête. « Oui c’est une “phase”, mais lui et moi n’y voyons pas une connotation si négative. » tranche l’ex-artiste solo à propos d’un article du magazine britannique « The Daily Record » où on mentionnait que son paternel voyait Dragonette que comme une folie passagère. « J’écoute beaucoup de musique et c’est normal qu’un genre m’amène à un autre. Je ne voudrais pas refaire le même album deux fois. Même si on m’a tout d’abord connu comme chanteuse folk, j’écoutais déjà de l’électro pop. Ça a été une transition très organique, malgré les apparences. »

« Notre musique n’est pas “pop” au même sens que celle de Britney ou encore des Spice Girls l’est. » poursuit-elle. « Nous n’essayons pas d’être exagérément insipides ou encore trop obscurs. On fait de la musique “catchy” et sans prétention, tout simplement. » En plus d’être entraînante, les mélodies de Dragonnette se veulent aussi « glamour » que l’image véhiculée par le projet. « J’aime m’amuser! » conclut Martina. « Pour nous, Dragonette est une aventure. C’est un plaisir pour nous de se costumer pour les séances photo, les clips, mais surtout pour monter sur scène. Ça accompagne bien notre musique en plus d’amuser les gens! »

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