Il fait noir, noir, noir

Kill The Lights ou comment le plus montréalais des quintettes indie rock torontois s’est retrouvé sous les projecteurs.

Alors qu’on croyait avoir finalement trouvé une équation infaillible pour devenir une « rock star » (démarrer une formation à Montréal + jouer un peu partout = se faire débusquer par une maison de disques indépendante qu’on délaisse lorsque les « majors » cognent à notre porte), voici que Kill The Lights vient fausser les données. Groupe mi-torontois, mi-montréalais qui lance deux fois le même album sous des noms différents et de façons distinctes (tout d’abord indépendamment, puis à l’aide de l’étiquette MapleMusic Recordings), l’historique de cet orchestre se veut heureusement moins confus.

« L’histoire c’est qu’on est des gars des Cantons de l’Est pis on a commencé le groupe à Toronto vu que c’est là qu’on travaillait. » élabore le chanteur et guitariste Alex Hackett. « On a démarré en tant que trio puis on a recruté d’autres membres qui ont toujours demeuré à Montréal. Bref, on était pas mal “split in half”! Là le plan c’est de tous déménagé à Montréal. Il ne manque plus que… moi, en fait! Je déménage dans deux semaines. » Délocalisation qui n’aurait rien à voir avec le fameux « buzz» autour de la scène musicale de la métropole qui a autant captivé les médias états-uniens au cours des derniers mois. « Le retour au Québec n’est vraiment pas lié au hype à Montréal, c’est surtout pour se rapprocher de nos familles et nos amis. De toute façon, y’ a plus de possibilités d’avoir du succès à Toronto vu qu’il y a plus de “labels” et de “bands” avec qui jouer. » assure Hackett avant d’élaborer sur ce « hype ». « Ce qui est bien avec ça, c’est que ça n’a pas changé la scène tant que ça, finalement, artistiquement parlant. » explique-t-il. « Faut dire qu’à moins d’être Sam Roberts, y’ a pas grand monde qui a fait plus d’argent avec ça! C’est surtout cool de constater que même si le hype est pas mal mort, on continue d’être aussi intègre et créatif ici. »

En plus de préparer ses boîtes et sa recherche d’appartement, Alex continue aussi de promouvoir Buffalo Of Love. Le « deuxième premier disque » du collectif. Le « front man » explique : On a tout d’abord lancé Winter Asthmatics par nous-mêmes en 2005. On en a tiré que 500 exemplaires, c’était très DYI. C’est vrai que Buffalo Of Love (disque paru sur MapleMusic en mars dernier) est essentiellement le même disque, sauf qu’on est retourné en studio pour le réenregistrer. On y a ajouté des textures puis on a joué sur le « scope» plutôt précis du premier. » Les critiques — souvent favorables — de cette nouvelle offrande gardent aussi Hacket occupé. « Ce que je constate surtout, c’est qu’elles sont généralement plus positives aux États-Unis. On dirait que vu que ce genre de musique est souvent associé au Canada, les journalistes canadiens sont tellement “dedans la scène” qu’ils sont moins “willing” de te donner une chance! » Outre sa « double nationalité », Kill The Lights est aussi associé à différents genres et artistes musicaux. « Certaines sont insolites! » s’exclame Alex à propos des comparaisons. « Disons que je préfère qu’on nous compare à Interpol qu’à des groupes comme Hot Hot Heat! » ajoute-t-il en rigolant en faisant référence à quelques textes à propos de son projet.

Après avoir déballé guitares et vaisselle dans son nouveau logis, le musicien n’aura pas beaucoup de temps pour explorer son quartier. « On va passer l’été à faire le plus de shows possible en dedans du triangle Montréal, Toronto et New York puis on va continuer d’écrire des chansons pour notre prochain album. Ça devrait être, plus ambitieux et psychédélique que Buffalo. Plus bruyant aussi! »

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