Décollage!

Selon les statistiques de la NASA, il faut plus de 500,000 gallons de carburant pour mettre en orbite l’équipage d’un vaisseau spatial. De leur côté, Joseph Arthur et ses Lonely Astronauts n’ont besoin que de quelques instruments et beaucoup de créativité. À peine six mois après Nuclear Daydream, le roi Arthur et sa cour lance un nouvel album : Let’ s Just Be. Rencontre cosmique.

Rencontré en après-midi à Montréal dans un petit restaurant de la rue Mont-Royal, Arthur à la dégaine d’un musicien affecté par le décalage horaire ou encore d’un chanteur qui est passé chez Christiane Charette le matin même. Une poignée de main plus tard, Joseph se commande un verre (« I’d like a tea. » dit-il, « Un thé? » réplique la serveuse,. »À thé!?» se demande Arthur, « Un thé? » continue-t-elle, « No, a tea! », « C’est ça, un thé! » « Thé? Tea? Thé! ») tout en sortant des marqueurs de sa poche. Tout au long de l’entrevue, le chanteur décorera son menu de crucifix et de symboles égyptiens. « J’ai lu dans un bouquin qu’il y a deux genres d’artistes. » déclare d’emblée le grand gaillard entre deux traits de crayon. « Ceux qui ont une approche plus songée, plus intellectuelle comme Leonard Cohen qui peut passer des années sur une oeuvre puis il y a les peintres qui lancent de la peinture sur la toile ou encore Bob Dylan qui créent puis enregistrent des chansons dans la même journée. Je ne crois pas que l’un ou l’autre soit supérieur à l’autre, mais moi je préfère balancer de la peinture sur la toile! » C’est justement ce besoin pressant de créer qui a poussé ce natif d’Akron en Ohio de démarrer sa propre étiquette : Lonely Astronaut. « J’ai toujours été prolifique, mais j’ai toujours eu de la difficulté à endisquer à mon rythme. Le “hic” avec une compagnie de disques, c’est que même si on t’offre un contrat de disques, tu dois ensuite te “vendre” à l’étiquette afin de gagner leur confiance et qu’elle investisse en toi. Puis il y a la réaction des médias et les ventes. Si c’est pas satisfaisant, le label te laisse tomber ou, pire encore, te garde sous contrat, mais ne te prête plus attention. C’est presque comme une relation romantique! Au début c’est génial, puis on commence à se détacher, mais personne ne veut rompre, car ça fait trop mal! »

Arthur se fait donc polygame sur Let’ s Just Be, son album le plus collaboratif de sa discographie selon ses propres dires. « On l’a pas mal enregistré “live” lors de six semaines intenses de tournée. On en était au point où on se comprenait assez bien pour avoir assez de chansons de composées pour entrer en studio. Entre les concerts, ça nous arrivait de faire des prestations lors d’émissions de radio et j’aimais bien ce que ça donnait. C’est pourquoi on a décidé de faire un album “minimaliste” : à la fois plus simple et plus rock. Lorsque j’enregistre en solo, je passe beaucoup de temps seul en studio à improviser sur plusieurs instruments. C’est presque comme faire de la peinture! »

Outre une tournée qui le fera graviter autour de la plupart des États de nos voisins du Sud en compagnie de ses Lonely Astronauts, Joseph ouvrira bientôt sa propre galerie d’art à Brooklyn. Son nom? The Museum Of Modern Arthur!

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