La vie sans savon

Après avoir sillonné les États-Unis, Malajube se prépare à revenir rocker le Nord du 49e parallèle.

« J’m’ennuie des crevaisons, du crique et de la vie sans savon » entonne le chanteur Julien Mineau sur la pièce « Le Grand galion » du fameux Trompe-L’Oeil. Un an et des centaines de kilomètres plus tard, le bassiste Mathieu Cournoyer ne voit plus les choses de la même façon. « La première journée, la suspension a lâché. On a aussi pogné un “flat” à Los Angeles pis on a pété le câble des lumières. Heureusement que c’est loué, car ça ferait longtemps que je l’aurais “pawné” » maugrée-t-il à propos de la remorque de la camionnette avec laquelle le collectif n’a cessé d’avoir des pépins.

Rencontrés lors d’une fête privée organisée par le magazine Fader, les musiciens ont pût s’offrir de nouveaux vêtements aux frais de la populaire publication en plus de respirer le même air que les Sean Lennon et James Iha de ce monde. Profitant d’une brève pause de leur séjour au Texas, Malajube quitte ensuite la sauterie pour se frayer un passage parmi les festivaliers du SXSW et regagner leur véhicule. En chemin, le percussionniste Francis Mineau chantonne le refrain d’une quelconque chanson pendant que le multi-instrumentiste Renaud Bastien raconte des anecdotes à propos de Badly Drawn Boy et du chanteur de The Flaming Lips. Alors qu’on croise touristes, journalistes et Steve « Kid Millionnaire» Aoki quelques coins de rue plus loin, les autres membres discutent tout en grillant des cigarettes. La vie sans savon, quoi.

Bien que le bataillon a été plébiscité par moult médias et États au cours de son périple états-unien, le quintette garde la tête froide, mais surtout son sens de l’humour. « It’s been really, really good. We’re just loving it and having a good time. It’s a great country! » poursuit Cournoyer avec un accent « redneck» impeccable lorsqu’on l’invite à commenter la tournée. Bastien s’offre pour la traduction : « Y’ a dit que c’était “good” pis que c’était “nice” et que la bouffe était bonne! » Outre les malchances et pommes de route, Malajube n’a pas trop à se plaindre. « C’est bon. Super bon. Surprenamment bon, même. » muse le moustachu bassiste à propos de l’accueil des journalistes du pays de Georges W. « J’en ai rarement vu de très mauvaises. Ça s’en vient. On les attend. Ça en prend aussi des mauvaises. » ajoute-t-il. « La réaction est bonne. » acquiesce Renaud. « J’ai lu une critique plutôt positive du show à L.A. dans un journal montréalais, mais – en même temps – c’était peut-être pas super objectif, c’était peut-être vendu d’avance. »

Comme si ça ne suffisait pas question « hype», le groupe se préparait à se produire la semaine suivante à Paris en compagnie d’Arcade Fire. Une fois de plus, les compères restent de glace. « Arcade Fire? Connaîs pas! » tranche Cournoyer. Et Bastien d’enchaîner « Ils viennent de Montréal eux autres? Plus sérieusement, j’ai hâte de voir ça sera quoi comme show, le temps qu’on va avoir pour jouer pis le temps qu’on aura pour le “soundcheck”. Mais ça devrait être le fun. C’était sûrement “sold out” en dix minutes, deux minutes ou trente secondes! »

Après une ruée vers l’or et une prestation hexagonale, le groupe derrière le tube « Étienne d’août » bifurquait par la suite vers Vancouver pour se joindre à la caravane Exclaim! Tour qui traversera le Canada entier. « J’sais pas, j’suis un peu anxieux face à ça. » avoue Mathieu à propos de ce nouveau parcours « d’un océan à l’autre» en compagnie notamment de DJ Champion.

  • Pourquoi?

  • J’sais pas. Champion.

  • Pas un fan?

  • Hmmm. Non.

« Mais au Canada, on peut sûrement s’attendre à de belles salles. » renchérit Renaud. « Alors qu’on a souvent joué dans des “tits bars “sketchy” aux « States ». »

Malgré ces semaines à arpenter les « Interstates», le collectif ne s’est pas totalement déconnecté de la Province. « Quebec, that’s on the West Coast, right? » rétorque le bassiste avec son fameux accent d’« hillbilly ». »Ben on sait que y’ a des élections là, là. J’espère que ça sera pas le gros cave encore une fois. » poursuit-il. « Sinon, pour des histoires comme Kovalev, Renaud nous tient au courant de tout ça. »

Quelques minutes plus tard, Malajube remontait dans sa camionnette pour profiter de leur bref congé. Au menu de la journée : « Se baigner, faire du lavage, peut-être même les deux en même temps. »

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