Chronique semi-automatique #6: Austin, PQ

Salut ma belle,

Lorsque tu liras ceci, je devrais être en train de combattre la gueule de bois du siècle dans une chambre quelquepart à Austin au Texas avec une petite congrégation de collègues provenant de ton magazine préféré (celui que tu tiens dans tes mains en ce moment précis, évidemment). Non, ce scénario ne fait pas partie d’un fantasme élaboré (les copains ne veulent pas que j’apporte les fouets d’Édouard Hardcore, bande de prudes), mais bien d’une mission, voire d’une quête : couvrir le festival SXSW!

Un événement qui retiendra notamment notre attention lors de ce « happening» culturel (outre un concert de The Stooges): la soirée « M for Montreal» où une poignée de groupes du coin s’empareront du bar texan Maggie Mae’s. Bref, le chapeau de cowboy y rencontrera finalement la ceinture fléchée alors que Patrick Watson, Champion, Les Breastfeeders et plusieurs autres chanteront pour la population d’Austin en plus de moult blogueurs, promoteurs, journalistes et autres despérados du genre.

« Ça va être laid! » lance le chanteur et guitariste Louis-Jean Cormier de la formation Karkwa. Outre le côté « retrouvailles » de ce concert, la voix de la chanson « La fuite » ne se cache pas de tout l’aspect « business » derrière le fameux marathon musical d’Austin. « C’est sûr que ça demeure un “showcase” : une meute d’artistes pis de producteurs qui vont là pour boire pis se jaser pendant que le monde joue. » muse Cormier. « Mais ça demeure une bonne tribune pis c’est quand même trippant de se retrouver là-bas avec des bands avec lesquels on est des amis proches. » Bref, la troupe derrière l’album Les Tremblements s’immobilisent demeure sereine à l’idée de se produire au sud de la ligne Mason-Dixon. « Comme Malajube, on est un groupe qui fait de la musique assez élaborée. D’un côté, je me dis que le public ne comprendra rien quand je vais chanter, mais de l’autre, on a des “grooves” pis des arrangements fuckés pour capter leur attention! »

Bref, juste quand je croyais découvrir un nouveau coin de pays, voilà que les musiciens et les hipsters de l’île me rattrapent au galop. Manque plus que de la poutine (et toi bien sûr, ma chérie).

« Oh, mais il y aura de la poutine! » s’exclame Eli Bissonnette, grand manitou de l’étiquette Dare To Care qui distribuera des bols de notre plat provincial aux mélomanes lors du spectacle. « C’est une idée qu’on a eue vu que le concert de Pawa Up First commence tôt. On voulait faire quelque chose de plus spécial qu’un simple “5 à 7”. En association avec Bonsound, Dare To Care présentera une vitrine de ses groupes sur le toit du Maggie Mae’ s. “Pis ça sera pas de l’imitation de poutine! Non, non. On va fait affaire avec une boutique qui importe du fromage directement du Québec!”

En guise de conclusion, un petit conseil de Giselle Webber qui participait au SXSW l’année dernière avec son quatuor The Hot Springs: “Les shows là-bas ont plus l’air d’auditions et d’entrevues pour un job. Aussi, y’ a rarement de ‘sound checks’ ce qui fait que les artistes sont parfois nerveux ou grognons avant de monter sur scène. Bref, attendez-vous à ce que le son soit terrible, puis ‘rockez’ la place!”

C’est tout pour le moment ma chouette. Lors du prochain numéro, je te raconterai comment ça s’est passé en plus de te parler des serviettes de bain que j’ai piquées au motel.

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