Bla, bla, bla

Autant dans les salles de spectacles que dans les magazines et les blogues, la formation indie rock montréalaise Land Of Talk trouve le moyen de faire parler d’elle.

C’est une rengaine quasi éculée : une bande de musiciens provenant des quatre coins du pays se retrouvent à Montréal, y trimballent leurs instruments de Mont-Royal à Saint-Laurent, se font remarquer par les médias alternatifs locaux puis internationaux. Au même moment que la Mecque de la gent hipster Pitchfork Media parle d’eux, une influente étiquette « indie» cogne à leur porte tandis qu’une avalanche de « friends requests» inondent leur page MySpace. Histoire de fausser les cartes, le trio Land Of Talk, lui, allait maximiser les concerts à New York plutôt que de se produire ad nauseam au Barfly, Green Room et autres petits bars de l’île. En entrevue avec le magazine Paste, la chanteuse et guitariste Liz Powell confiait que sa formation avait probablement offert que quatre prestations dans leur ville d’adoption au cours de l’année dernière alors que L.O.T. a traversé les douanes une bonne quinzaine de fois pour jouer dans la Grosse Pomme.

« Il ne faut pas voir une forme de “désaveu” dans ce choix de se produire ailleurs plus souvent qu’ici. » justifient toutefois le bassiste Chris McCarron et le percussionniste Bucky Wheaton. « Et ce n’est pas parce qu’on fait de plus en plus de shows à NYC qu’on a un quelconque “nouveau statut”. J’veux dire, notre prochain concert sera au Friendship Cove [le KG du projet Think About Life se dédoublant comme un studio et une salle de spectacle intimiste], quand même! De plus, les trois compères gardent d’étroits liens avec cette fameuse « scène montréalaise ». Alors que Powell a déjà cohabité avec Richard Perry et Sarah Neufeld (membres d’un petit orchestre surnommé Arcade Fire, vous devriez “googler” ça, c’est sympa comme zizique), Weathon a collaboré par le passé avec un mec de The Stills dans un… “jazz-band”!? “On a participé — moi et Liam leur claviériste — à ce projet jazz qui “jammait” environ une fois par semaine dans un bar de Montréal! Y’ a Lizz aussi qui a chanté sur une pièce de leur plus récent album qui a finalement été coupée du ‘line up’ final. » Avec ces liens à des groupes aussi connus des médias internationaux, on allait rapidement étiqueter L.O.T. de ‘buzz band typiquement montréalais’, un titre pompeux qui ne colle pas trop au cheminement de ses collègues selon McCarron. ‘Bien qu’on apprécie l’attention, on se demande bien ce que ça veut dire. Est-ce qu’on doit sonner d’une certaine manière? Est-ce que Montréal est maintenant un style musical? C’est sûr que c’est flatteur, mais j’ai l’impression que ça n’a pas vraiment de sens précis.’ Comme si cette grande présence à l’extérieur si tôt dans leur carrière n’était pas assez pour fausser les données, la source même du ‘hype’ entourant Land Of Talk est aussi déstabilisante pour la vieille garde : le blogue Brooklyn Vegan.

‘On doit beaucoup à Dave [le webmestre du site] et à son béguin pour nous et notre disque [Applause Cheers Boo Hiss].’ ajoutent les compères. ‘Son projet est tellement populaire et influent aux États-Unis que le mec à pût quitter son emploi pour s’y consacrer entièrement! C’est tout dire!’ Comme quoi, l’hégémonie ‘indie’ de Pitchfork pourrait bien être menacée. Malgré tout le succès que Land Of Talk remporte sur la Toile, les musiciens demeurent tout de même sur leur garde. ‘C’est sûr que c’est une forme de média et un outil de promotion extra, mais d’un autre côté – comme un peu partout sur le Web – c’est anonyme, sans censure et souvent plus motivé par les tripes que le reste, mais bon; on s’en est plutôt bien tiré jusqu’ici.’

Et Land Of Talk devrait continuer d’alimenter les conversations, car ils s’envoleront prochainement pour une petite tournée en Angleterre après leur série de concerts les amenant autant à Toronto qu’au Téxas.

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