Je reviendrai à Montréal

Mobile ou la plus torontoise des formations montréalaises.

C’est un refrain connu depuis quelques années : un groupe de musiciens se rencontre à Montréal, compose quelques tubes, joue quelques concerts, fait parler de lui dans des journaux et magazines puis signe un contrat avec un label réputé. C’est arrivé pour Stars, The Stills, Arcade Fire, Pony Up! et Wolf Parade, mais pas pour Mobile. « C’est vrai que c’est drôle qu’on aille déménagé alors que la scène a explosé ici, mais la vérité c’est que ça ne marchait pas vraiment de notre bord ici. » lance le chanteur Mat Joly.

L’histoire veut donc qu »un an après avoir empaqueté guitares et projets pour un déménagement en Ontario, le quintette allait y faire assez de bruit pour s’attirer l’attention de bonzes d’Universal Music. « On ne savait pas à quoi s’attendre. Tsé, c’est Toronto pis on est francophones, mais ça c’est super bien passé. » Interrogé sur son choix de langue, Joly demeure franc. « On voulait une carrière plus internationale et c’est plus facile de percer en anglais » poursuit le vocaliste. « Y’ a Malajube qui a bien avancé en jouant du francophone. C’est cool, mais c’est le chemin qu’on a pris. C’est aussi un choix naturel, J’ai grandi au son de The Smiths, The Cure, The Police et Duran Duran. C’est ça qui m’a tout d’abord touché. »

Plutôt actif sur la Toile, Mobile cumule les avenues sur le Web. En plus du site officiel et de la page MySpace, les musiciens collaborent à un blogue ainsi qu’une baladodiffusion. Bien que le collectif n’échappe pas au piratage, Mat et sa bande ne jouent pas les vierges offensées. « À Noël, j’achetais des disques : autant les vieux Springsteen que le CD de Sparklehorse étaient à 24 $! C’est sûr qu’un jeune qui n’a pas beaucoup d’argent pis qui a accès à cette technologie ne payera pas une vingtaine de dollars et va aller télécharger. Au moins, avec la boutique Itunes, t’as l’album pour environ 10 $. » Bien que l’univers virtuel est à la portée de la main de Mobile, le monde outre-mer, lui, est un peu plus loin.

« C’est parce qu’on a changé de compagnie de disques aux States pis en Angleterre. » révèle Joly à propos de l’annulation de la plus récente tournée européenne de son groupe. “Y’a plusieurs réalités dans le marché de la musique. Ça marche différemment dans chaque pays. Au Canada, ça va super bien. Aux States, il ne se passe rien, pas de promo, pas de disque. Même chose en Europe. On nous a envoyé y jouer lors de gros festivals, le monde venait nous voir après les shows, mais on n’avait pas d’album à vendre!».

Plus près de chez nous, les affaires roulent rondement. Dix ans après ses premiers accords, Mobile est en lice comme « nouvel artiste» ainsi que pour “l’album rock de l’année” au prochain gala des Juno. « C’est toujours le fun d’être nominé.” avoue Mat. « Surtout qu’on ne l’a pas eu facile. On a commencé à habiter à Toronto les cinq dans un quatre et demi loin de nos blondes pis de nos familles!»

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