D’un océan à l’autre

Billy Talent: le prochain grand « export» punk canadien?

Dix ans après la formation du groupe, le quatuor pop punk remportait en 2004 le prix Juno du « best new group of the year». Bien que Billy Talent a été révélé au public via le simple « Try Honesty» paru en 2001, les musiciens s’accoutumaient dès 1994 — alors qu’ils étaient encore sur les bancs d’école — aux rouages de l’industrie musicale. « Pour payer nos séances en studio à l’époque, on déposait des enveloppes vides au guichet automatique pour ensuite en retirer le montant maximum!» se rappelle le batteur Aaron Solowoniuk lorsqu’interrogé sur ces années formatrices au sein de la première mouture de l’orchestre auparavant surnommer Pezz. En 1999, une dispute légale avec un combo punk du Tennessee portant le même nom de faisait en sorte que le collectif natif de Mississauga en Ontario allait finalement nommer leur projet Billy Talent en l’honneur d’un personnage du roman culte Hard Core Logo de Michael Turner. À l’image du guitariste du groupe punk dépeint dans ce bouquin, Solowoniuk et ses congénères deviennent eux aussi des routards aguerris.

Parcourant les autoroutes et les aéroports du globe depuis le lancement de leur deuxième compact II, les concerts de la tournée accompagnant ce disque ne sont toutefois pas encore routiniers pour Billy Talent. « C’est drôle, mais après avoir joué les mêmes pièces des centaines de fois, je ne m’en suis pas encore lassé. Si je pouvais, je changerais quelques détails de II, mais rien de majeur.» CD lancé sous la bannière du conglomérat Warner, le groupe punk aux racines « fais-le toi-même» n’échappe pas aux affres de la promotion d’une telle entreprise. « Les trois dernières années au sein d’un label “major” ont été plutôt instructives. Plutôt que de rejeter l’Internet et tous ces nouveaux médias pas mal inévitables, on essaie de trouver des façons de les harmoniser au groupe. On apprend toujours à le faire en fait.» confie le batteur à propos des sonneries de cellulaires et concours aujourd’hui associés à la musique de son band.

Punks sans frontières?

Bien que l’époque des transactions bancaires illicites est bel et bien terminée pour les bonzes de Billy Talent (leur compact éponyme est triple platine au Canada depuis l’été dernier), le marché américain résiste encore et toujours à ces envahisseurs. Tandis que II allait filer tout droit à la première position du palmarès des ventes canadiennes en écoulant 48 000 copies au cours de sa semaine de sortie, la galette tombait littéralement à plat aux États-Unis en se classant qu’au 134e rang avec 7 231 exemplaires de vendus. « On ne porte pas vraiment attention à ces chiffres.» coupe le percussionniste. « C’est plus un truc de label. Nous ce qu’on voit quand on se pointe aux États-Unis, c’est des fans en furie et ça nous suffit.» Le vent semble toutefois avoir tourné pour la bande menée par Ben Kowalewicz alors que de plus en plus de médias de masse – autant canadiens qu’états-uniens – leur démontrent de l’intérêt.

Ainsi, en novembre dernier, on a pût voir ces Ontariens s’époumoner sur le plateau du populaire talk-show « Late Night with Conan O’Brien». Le mois suivant, le chanteur revenait au Canada raconter ses mésaventures de tournée à l’émission « The Hour» de la CBC. « Autant qu’on puisse être confiant devant des milliers de personnes, jouer pour Conan demeure une des expériences les plus stressantes qu’on ait vécu au cours des derniers mois!» se remémore Aaron.

Outre de la route, de la route et encore de la route pour 2007, Billy Talent devrait s’atteler à leur troisième compact vers la fin de l’année prochaine.

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