Le disco selon Capitaine Nemo

Alors qu’il affirmait être en « B-Boy Stance » sur son fameux Joyful Rebellion, k-os préfère se mouiller sur Atlantis: Hymns For Disco. Rencontre qui coule de source.

Le communiqué de presse — imprimé sur du papier bleu s’harmonisant au nom et à la pochette de l’album – annonçait que cette nouvelle offrande du célèbre rappeur se voulait plus introspective que ces compacts précédents. Installé sur un zafuku d’un lounge branché et enchaînant les entretiens chronométrés avec la presse locale, le MC et chanteur natif de Whitby en Ontario avoue toutefois qu’expliquer les moindres détails d’une oeuvre aussi personnelle à de parfaits inconnus est plutôt incongru. « C’est sur que de discuter de tout ça dans un studio tamisé serait l’endroit idéal » confie Kheaven « k-os » Brereton entre deux lampées de thé vert « mais comme c’est dans mes obligations d’artiste de faire en sorte que les gens du public et des médias pigent mieux de quoi traitent l’album, la gêne est rapidement tombée à force d’en parler. » Après la rédaction d’un quelconque texto sur son cellulaire, le volubile rappeur poursuit: « Auparavant, c’était plus facile de parler des significations politiques et métaphysiques de mes chansons, car il s’agissait là de concepts et d’idées acquis et qui n’émanaient pas de moi. Mais je suis désormais plus à l’aise d’aborder le côté plus « personnel » de celles-ci. »

Bien qu’il signe ici l’oeuvre la plus intime de sa discographie, k-os s’est tout de même entouré de collaborateurs de longue date et de tout acabit. Ainsi, on retrouve autant le MC Buck 65 sur « Ballad Of Noah » que les rockeurs Sam Roberts et Kevin Drew du collectif Broken Social Scene qui viennent prêter main-forte au rappeur sur « Valhalla ». « Je tiens d’ailleurs à spécifier que ces collaborations ne sont pas des « featuring » pour faire plus « glamour » ou pour mixer absolument des genres » remarque toutefois le principal intéressé. « Je me suis entouré de ces personnes parce que c’est des copains avant tout » poursuit Kheaven qui en profitera aussi pour glisser une anecdote sur Drew : « on a enregistré avec Kevin le lendemain matin de sa victoire aux Junos. Inutile de te dire qu’il avait toute une gueule de bois! Ça s’entend d’ailleurs sur l’introduction de la pièce.»

Véritable retour aux sources pour le rappeur, Atlantis est aussi son album le plus éclaté musicalement. Les omniprésentes influences pop et folk retrouvées sur les pistes du compact seraient toutefois plus le fruit d’ennui que d’une certaine vision artistique. « Je suis un véritable junkie de musique. J’en écoute beaucoup, mais je me lasse rapidement. » avoue Brereton. « C’est pourquoi je remerciais le ciel lorsque le Ipod est tout d’abord paru sur le marché! Il m’arrive souvent de me réveiller vers 4 heures du mat’, de me mettre à faire le tour de ma discothèque et de prendre des notes pour ensuite retourner dormir vers 6 heures. C’est ainsi que d’un clic à l’autre, je me suis autant inspiré de Public Enemy que de Bowie et même « Subterranean Homesick Blues » de Bob Dylan. »

Bien sûr, Atlantis est avant tout une œuvre hip hop et k-os demeure un observateur critique du genre. Réputé pour son approche « old school » par plusieurs journalistes, Kheaven préfère toutefois se pencher sur l’avenir de la musique que sur la mouvance « gangsta » du moment. « Je crois que le rap est présentement en une période charnière. De plus en plus de rappeurs vont glaner des « beats » et des textes à droite et à gauche afin de pondre des œuvres renversantes. Prenons Outkast par exemple. Je suis fasciné par la progression de ce duo. Alors que les médias considéraient tout d’abord Andre 3000 et Big Boi comme des rappeurs loufoques du Sud, ils sont aujourd’hui vus comme des artistes, des musiciens et des visionnaires. Je crois que c’est qu’on verra de plus en plus de MCs de leur trempe d’ici les prochaines années. »

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